23/03/2005
Un défi pour la culture
Un défi pour la culture
Par Patrick Rzewuski
(texte paru dans la revue Pourtours, janvier-mars 2005)
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Sombre constat de Robert Redeker : depuis la nuit des temps, l’humain a recherché la stabilisation, par la sédentarisation. Les peuples sont fixés. Les philosophes et les religions ont construit l’homme universel, planétaire, puis l’homme-particulier. Ensuite, vinrent Descartes et le scientisme qui remplacèrent les explications philosophiques par des causes biologiques.
Depuis une période récente, le XXe siècle, les hommes se déplacent plus fréquemment, leur champ d’action est plus vaste, à l’échelle de la planète. C’est la mondialisation. Ils tentent de remplacer la perte des repères géographiques par des valeurs de groupe. On assiste à une balkanisation des nations, mais les racines ne peuvent se reconstituer. Une nouvelle figure de l’homme apparaît, le déshumain. Celui qui perd prise sur son devenir. L’homme contemporain est l’énervé, il résulte du décrochage de la volonté. Dans nos sociétés de masse, la démocratie, qui élève l’homme au-dessus de lui-même, mais demande des efforts, cède la place à la doxocratie, dans laquelle l’homme privé constitue la norme et la cible de l’activité politique.
Le sport comme modèle consumériste monotone et envahissant, est chargé de fabriquer un nouvel homme commun, planétaire et décérébré.
Se « sentir bien » égoïstement, sans autre aspiration, le privé et l’intime, devenus finalité publique (téléréalité)… Tout ceci émiette l’homme qui redevient un élément de l’humain général, quelconque. L’universalisation était liée au projet d’émancipation, comment comprendre ce déclin ? Comment lui redonner un statut ? Un défi se présente que seule la culture pourra relever en tant que matrice de renouvellement de la pensée.
P.R.
à Nouvelles figures de l’homme, de Robert Redeker, Le bord de l’eau. 130 p., 16 €
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